Ne pas pouvoir assurer la prochaine paie constitue un signal particulièrement sérieux pour une entreprise.
La priorité est de déterminer immédiatement s’il s’agit d’un décalage temporaire de trésorerie ou si l’entreprise ne dispose plus des ressources suffisantes pour faire face à ses échéances.
Dans cette situation, attendre la date de paiement des salaires avant d’agir réduit généralement les possibilités d’anticipation.
Commencez par établir la trésorerie réellement disponible
Il faut disposer d’une vision précise des sommes que l’entreprise peut effectivement mobiliser à très court terme. Examinez notamment :
- Les soldes bancaires
- Les autorisations de découvert réellement disponibles
- Les encaissements certains attendus avant la paie
- Les échéances bancaires
- Les dettes fiscales et sociales
- Les fournisseurs devant être réglés
- Le montant exact de la prochaine paie
Il ne suffit pas de regarder le chiffre d’affaires attendu. La question est de savoir quelles ressources sont réellement disponibles au moment où les échéances doivent être payées.
Le problème concerne-t-il uniquement les salaires ?
Une difficulté de paie intervient rarement isolément. Il faut vérifier si l’entreprise rencontre également des retards concernant :
- L’URSSAF
- Les fournisseurs
- Les échéances bancaires
- La TVA ou d’autres dettes fiscales
- Le loyer
- D’autres charges devenues exigibles
Lorsque plusieurs échéances ne peuvent plus être honorées, il faut examiner la situation financière de l’entreprise dans son ensemble.
Comprendre la cessation des paiementsDéfinition, délai de 45 jours et obligations du dirigeant.→Pourquoi faut-il agir avant l’impayé ?
Plus le dirigeant intervient tôt, plus il conserve de possibilités pour analyser la situation et déterminer la réponse appropriée. Selon les circonstances, il peut être nécessaire d’examiner :
- Les possibilités immédiates de financement
- Les négociations avec certains créanciers
- Les procédures de prévention
- Ou, si la situation est plus avancée, l’ouverture d’une procédure collective
La bonne solution dépend de la situation réelle de l’entreprise.
L’impossibilité de payer les salaires signifie-t-elle nécessairement une cessation des paiements ?
Pas automatiquement.
La cessation des paiements répond à une définition juridique précise : l’entreprise doit être dans l’impossibilité de faire face à son passif exigible avec son actif disponible. La seule existence d’une difficulté importante de trésorerie ne suffit donc pas à tirer une conclusion sans examiner l’ensemble de la situation.
En revanche, l’impossibilité annoncée de payer les prochains salaires justifie une analyse rapide.
Cessation des paiements : que signifie réellement le délai de 45 jours ?Comprendre le délai et pourquoi il ne faut pas attendre son expiration.→Que se passe-t-il si l’entreprise doit être placée en redressement judiciaire ?
Le redressement judiciaire n’entraîne pas automatiquement l’arrêt de l’entreprise. Lorsque son redressement reste possible, l’activité peut se poursuivre dans le cadre d’une période d’observation.
La situation des salariés et des créances salariales obéit alors à des règles spécifiques.
Comprendre la sauvegarde et le redressement judiciaireOuvrir, préparer et suivre la procédure collective.→Vous savez déjà que la prochaine paie est compromise ?
Cette situation justifie une analyse rapide de la trésorerie, des échéances et des solutions encore disponibles.