Une tension de trésorerie n’est pas nécessairement le signe qu’une entreprise est en situation critique.
Un décalage entre les encaissements et les décaissements, un investissement important ou le retard de paiement d’un client peuvent provoquer une difficulté ponctuelle.
La situation devient en revanche plus préoccupante lorsque le manque de trésorerie s’installe et commence à modifier le fonctionnement normal de l’entreprise : échéances reportées, fournisseurs payés en retard, découvert bancaire utilisé en permanence, dettes sociales ou fiscales qui s’accumulent…
Plus les difficultés sont identifiées tôt, plus le dirigeant conserve de possibilités pour agir.
Une difficulté ponctuelle ou une dégradation plus profonde ?
La première question n’est pas seulement de connaître le montant disponible sur le compte bancaire.
Il faut comprendre pourquoi la trésorerie manque et comment elle devrait évoluer dans les prochaines semaines et les prochains mois. Une tension temporaire peut parfois être absorbée par les encaissements attendus. Une situation dans laquelle l’entreprise dépend continuellement de nouveaux reports de paiement pour honorer les échéances précédentes appelle une analyse différente.
Quels signaux doivent alerter ?
Plusieurs événements méritent une attention particulière lorsqu’ils deviennent récurrents ou se cumulent :
- Les fournisseurs sont réglés de plus en plus tard
- Certaines échéances URSSAF ou fiscales ne peuvent plus être honorées normalement
- Le découvert bancaire est utilisé en permanence
- La banque refuse d’augmenter les concours ou envisage de les réduire
- Des créanciers commencent à relancer régulièrement l’entreprise
- Le dirigeant doit choisir quelles dettes payer en priorité
- Les prochaines échéances ne pourront être réglées qu’à condition que certains encaissements arrivent à temps
- La visibilité sur la trésorerie des prochaines semaines devient insuffisante
Un seul de ces éléments ne suffit pas nécessairement à caractériser une situation grave. Leur accumulation doit en revanche conduire à regarder la situation dans son ensemble.
Pourquoi ne faut-il pas attendre que la trésorerie soit épuisée ?
Parce que certaines solutions sont précisément conçues pour intervenir avant que la situation ne devienne critique. Lorsque l’entreprise dispose encore de marges de manœuvre, différentes négociations peuvent notamment être envisagées avec ses partenaires ou ses créanciers.
Des procédures confidentielles de prévention, comme le mandat ad hoc ou la conciliation, peuvent également permettre d’organiser les discussions dans un cadre juridique adapté.
Attendre peut au contraire réduire progressivement le nombre de solutions disponibles.
Problèmes de trésorerie et cessation des paiements : ce n’est pas la même chose
Une entreprise qui rencontre des difficultés de trésorerie n’est pas nécessairement en cessation des paiements.
La cessation des paiements répond à une définition juridique précise : l’entreprise doit être dans l’impossibilité de faire face à son passif exigible avec son actif disponible.
Cette distinction est importante car elle influence directement les solutions qui peuvent être envisagées.
Comprendre la cessation des paiementsDéfinition, délai de 45 jours et obligations du dirigeant.→Vous ne savez pas comment situer votre entreprise ?
Des difficultés commencent parfois par des événements qui semblent indépendants les uns des autres. Le diagnostic proposé par le cabinet permet d’examiner plusieurs signaux concernant la trésorerie, les dettes et la situation de l’entreprise.
Quand demander conseil ?
Il n’est pas nécessaire d’attendre de ne plus pouvoir payer les échéances pour consulter.
Une analyse suffisamment précoce permet justement de déterminer si la difficulté est ponctuelle, si des négociations doivent être engagées ou si une solution juridique particulière mérite d’être envisagée.
Une analyse rapide vous semble utile ?
Un premier échange permet de préciser la situation de l’entreprise et la démarche la plus adaptée.